" Tout est question de qualité et de production orientée sur le marché "

Comment le secteur peut-il encore mieux s'harmoniser au marché ? En marge de la conférence internationale sur la tomate (13, 14 et 15 mars), nous avons abordé le sujet avec le président de Coöperatie Hoogstraten. " Avancer sur la voie de la qualité et de la diversité est un défi. Nous devons continuer à chercher comment optimiser notre action sur un marché en évolution permanente. "

Préambule : le secteur belge de la tomate en chiffres
Lors de la Tomato Conference, le responsable de la qualité de LAVA a présenté les chiffres du secteur de la tomate. Cette année, la superficie de culture dépasse les 500 hectares, pour un total approximatif de 250 producteurs. En 2015, le volume total était de 246 millions de kilos pour les tomates en vrac, en grappes et cerise. L'année dernière, 22 millions de kilos de spécialités ont été produits. 70 % de nos tomates sont exportées, principalement vers la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Italie. Jusqu'en 2014, nous exportions chaque année plus de 20 millions de kilos de tomates vers la Russie. Cette opportunité d'exportation est à présent terminée. 
" Le volume de tomates en vrac s'est avéré assez stable au cours des dernières années. Les tomates en grappes ont quant à elles connu des hauts et des bas, tout en suivant dans l'ensemble une tendance à la hausse. La part des tomates charnues diminue ", explique Raf De Blaiser. " La forte augmentation des spécialités est remarquable. Avec 106 hectares, la superficie de production atteint à présent environ 20 % de la superficie totale. La production annuelle augmentera encore dans les années à venir. "

Un éventail de produits

Sur quoi cette conférence sur la tomate a-t-elle débouché ?

Dirk Van den Plas, président de Coöperatie Hoogstraten : " Sur le fait que le secteur de la tomate a fortement évolué au cours des vingt dernières années et que, depuis longtemps déjà, il n'est plus question du produit unitaire initial. Il n'existe plus un type de consommateur unique. La tendance sociale pousse à la différenciation. Le commerce veut un éventail de produits pour répondre aux souhaits spécifiques de tous les acteurs du marché. Un très grand nombre de nouvelles variétés sont disponibles, qui ont beaucoup à offrir aux divers marchés. Il existe déjà une offre étendue de spécialités et il reste de la place pour des innovations. L'une de ces innovations est la tomate qui ne coule pas, dont une partie de nos acheteurs se montrent extrêmement satisfaits. Le secteur horeca a, lui aussi, déjà adopté ce produit. Il ne reste plus qu'à convaincre les consommateurs. La qualité, une bonne organisation et le marketing sont les bons ingrédients d'un produit qui connaît le succès. "

La confiance en Flandria

Quelles priorités les producteurs de tomate se fixent-ils ?

" Se distinguer en proposant un produit de qualité supérieure demeure notre objectif permanent. Les commerçants doivent pouvoir acheter nos produits Flandria en toute confiance. La qualité des tomates Flandria doit donc être constante à tout moment de la saison. La confiance dans la fraîcheur, la qualité et l'origine du produit est un incitant de taille pour les détaillants et le consommateur. Comment y parvenons-nous ? Je pense que nous devons continuer à nous investir dans des exigences encore plus strictes. Il faut également qu'une certaine transparence soit de mise, pour que l'on sache clairement ce que le label représente. Le consommateur doit, lui aussi, être rassuré : " Si j'achète Flandria, je suis sûr à 100 % que j'achète un bon produit ".

Responsibly Fresh

Sur quels éléments le secteur souhaite-t-il se concentrer à l'avenir ?

" La durabilité fait office de fil rouge dans notre programme de production. Dans la pratique quotidienne, les producteurs et les criées investissent déjà largement dans la durabilité sous le label Responsibly Fresh. Qu'est-ce qu'il implique ? Outre une consommation rationnelle de l'énergie et la récupération de matières premières, je trouve que le volet social a toute son importance. Je veux dire par là un traitement correct du personnel et une attention aux plus vulnérables sur le marché du travail. Nous travaillons d'arrache-pied sur le sujet avec Responsibly Fresh, et nous poursuivrons dans cette voie à l'avenir. Il n'y a tout simplement plus d'autre voie possible. La durabilité est un facteur dont un nombre croissant de consommateurs, mais aussi de détaillants, tiennent compte lorsqu'ils font leurs achats.

Le goût et l'expérience

Quels sont, selon vous, les souhaits des détaillants ?

" Il est établi que les détaillants souhaitent toujours proposer à leurs clients une qualité de base à un prix attrayant. Ils souhaitent aussi que la distance qui sépare le producteur du consommateur soit la plus courte possible. La commercialisation et la composition d'une offre se font à la criée, mais nous assistons à une tendance croissante à l'enlèvement des produits achetés directement chez le producteur. Nos producteurs de tomates modernes ont la logistique nécessaire pour ce faire. Ils assurent ainsi la fraîcheur et la conservation du produit, autant d'avantages pour les consommateurs. Les détaillants sont en outre attentifs au goût ! La sélection des nouvelles variétés de tomates doit aussi viser le goût. "

Qu'en est-il du consommateur ?

" Nous assistons incontestablement à une croissance de la demande de produits prêts à l'emploi. Les producteurs et les commerçants réagissent à cette évolution en proposant des produits de légumes précoupés : mélanges de salades, légumes coupés, mélanges pour le wok et salades repas. Nous constatons qu'un segment intermédiaire de consommateurs se développe, pour lequel la santé, la variation et le plaisir sont autant de critères qui interviennent dans leurs achats. Dans ce cas, les aspects que sont l'expérience du produit et l'authenticité jouent un rôle plus important que le prêt à l'emploi. Le mot d'ordre de l'observateur de tendances Adjiedj Bakas à la conférence sur la tomate était : 'L'alimentation doit être " fun "'. Tout est question d'expérience des produits qui se doivent d'être goûteux ou d'avoir une belle forme, par exemple. Les snacks colorés remportent un franc succès. Pour l'authenticité, pensez par exemple aux légumes de saison et aux variétés de tomates anciennes. Je pense aussi à l'attention apportée aux assemblages de couleurs dans les emballages de spécialités. "

L'histoire derrière le produit

Quel est le poids de l'aspect santé ?

" La santé est une tendance sociétale qui occupe une place de plus en plus importante. En tant que coopératives horticoles, nous devons encore plus largement répondre à cette tendance. Une catégorie de consommateurs est disposée à payer plus cher pour obtenir des produits sains. Dans cet idéal sanitaire, nos tomates snacks gagnent en popularité, d'où l'augmentation de production des spécialités. Je pense que les étiquettes doivent aussi montrer que le produit est sain. D'aucuns se préoccupent de la façon dont les produits alimentaires sont produits. Les consommateurs veulent en savoir plus sur ce qu'ils mangent. Le secteur des fruits et légumes doit être entièrement transparent. Nous devons communiquer de façon ouverte et objective avec les consommateurs. Cela signifie qu'il faut leur raconter l'histoire complète des fruits et légumes. Tant les producteurs que les criées et les points de vente peuvent mettre le label " Responsibly Fresh " à l'honneur. Grâce à lui, le commerçant marquera certainement des points auprès de ses clients. "

Une réflexion orientée sur le marché

Quels devoirs les producteurs se sont-ils vu confier lors de la conférence ?
 
" J'affirme toujours qu'un produit doit obligatoirement répondre aux souhaits du consommateur pour l'attirer dans les rayons des magasins ". Notre société et le marché sont en évolution permanente. L'horticulture n'échappe pas à cette règle. Le défi consiste à apporter des réponses adéquates. Un point est important pour nous, les coopératives horticoles : nous devons continuer à chercher comment répondre au mieux à cette évolution du marché. Nous ne pouvons pas nous permettre de stagner, nous devons réfléchir à de nouvelles technologies et de nouvelles formes de vente. Outre la durabilité et l'expérience produit, le marketing est un élément important sur un marché concurrentiel. Les médias sociaux sont devenus incontournables et ils jouent un rôle essentiel pour toucher les jeunes consommateurs. Le secteur doit toutefois apprendre à les utiliser efficacement. La vente à distance et les ventes en ligne évoluent bien et il reste de nombreuses possibilités. Enfin, en tant que petit acteur du marché européen, notre pays doit continuer à se distinguer par la qualité et le goût de ses produits. "

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